Lisa Kerr

Boursiers
2012
Programme d'étude:
Doctorat en droit
Affiliation actuelle:
Université de New York
Région:

Elle cherche à repenser les pratiques judiciaires actuelles en mettant l'accent sur la qualité d'une peine d'emprisonnement, plutôt que sur sa durée.

La durée des peines d'emprisonnement : Comment les systèmes juridiques conçoivent et gèrent la qualité des sentences

La recherche de Mme Kerr se base sur une vision fondamentale de la prison moderne, à savoir qu'une peine d'emprisonnement renferme une dimension qualitative qui n'est pas convenablement reconnue par le système juridique. L'administration pénitentiaire assure la gestion de tous les aspects de la vie à l'intérieur de l'institution. Cependant, la légitimité et les degrés de sévérité des peines sont le plus souvent déterminés sans tenir compte des caractéristiques types et des limites reconnues des établissements carcéraux. Les théoriciens et les juges mettent l'emphase presque exclusivement sur des questions entourant la période d'incarcération plutôt que sur son caractère propre. Lorsque les juges imposent des sentences, les punitions sont souvent abstraites et idéalisées et les tribunaux qui infligent les sentences ignorent souvent les conditions des institutions dans lesquelles les détenus seront incarcérés. Du même coup, les recours judiciaires ultimes ayant trait à l'administration des peines sont souvent inadéquats. Dans son projet de doctorat, Mme Kerr cherche à identifier  les concepts légaux, les pratiques judiciaires et les aspects de design institutionnel qui pourraient améliorer à la fois la qualité du droit carcéral et le succès des résultats en services correctionnels. Sa recherche examinera comment les prétentions légales et morales justifiant l'imposition d'une peine d'emprisonnement pourraient également justifier et expliquer les caractéristiques particulières des peines imposées.

Lisa Coleen Kerr est inscrite au doctorat en droit à l'Université de New York (NYU). Son domaine de prédilection est le droit des peines, ce qui inclut les sentences, les droits de la personne, le droit constitutionnel et administratif et le droit carcéral. Sa recherche doctorale vise une comparaison des moyens utilisés par les systèmes judiciaires afin d'assurer la gestion des prisons contemporaines.  Lisa est boursière doctorale du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Native de la Saskatchewan, Mme Kerr a fait un baccalauréat ès arts en études anglaises à l'Université Simon Fraser (SFU). Elle a notamment travaillé comme corédactrice avec l'écrivain et éditeur Alan Twigg qui dirige B.C. BookWorld, la publication indépendante sur la littérature ayant le plus de lecteurs au Canada. Dans le cadre d'un échange étudiant à Prague, alors qu'elle était étudiante au premier cycle, elle a étudié notamment l'œuvre de Franz Kafka, sous la direction du professeur Jerry Zaslove. Ph.D., à Prague. Du coup, elle a eu la piqûre du droit.

Mme Kerr a fait ses études de droit à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) et sa cléricature à la Cour d'appel de la Colombie-Britannique pour ensuite travailler comme avocate de litige au cabinet Fasken Martineau. Son intérêt pour le droit des peines s'est développé en 2009, alors qu'elle complétait une maîtrise en droit à NYU et travaillait comme assistante de recherche pour David Garland, sur son livre primé sur la peine de mort aux États-Unis, Peculiar Institution: America's Death Penalty in an Age of Abolition. À son retour à Vancouver, Mme Kerr est devenue avocate-conseil à l'interne à l'organisme Prisoners' Legal Services (PLS), le seul bureau de services juridiques au Canada qui se consacre uniquement aux droits des personnes incarcérées. Sous les conseils avisés des employés de PLS, elle a appris les rouages nécessaires pour arbitrer les défis systémiques en droits de la personne auxquels font face les prisonniers au Canada.  C'est également durant cette période qu'elle a mis au point un projet de recherche visant à examiner les lacunes entre les procédés juridiques traditionnels des peines et les réalités de l'administration pénitentiaire.

Mme Kerr souhaite devenir professeure de droit afin de pouvoir allier enseignement et activisme juridique. Son mentor,  Michael Jackson, c.r., professeur de droit criminel respecté de UBC, est également un historien du système pénitentiaire, un spécialiste en litige et un artisan de la réforme pénitentiaire. Mme Kerr travaille actuellement pour l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique sur des dossiers impliquant des litiges constitutionnels liés à l'usage de l'isolement cellulaire dans les pénitenciers canadiens. L'intérêt de Mme Kerr a également été fortement nourri par le travail de l'organisme Pivot Legal Society, un groupe de réforme du droit qui travaille en collaboration avec les personnes souffrant de pauvreté et de marginalisation. Mme Kerr est membre du comité Pivot's Sex Work, équipe juridique énergique dont la chef de file est Katrina Pacey, activiste du travail du sexe. L'objectif de cette équipe est d'éliminer les préjudices liés aux lois criminelles canadiennes.

  • 2 Mai 2018
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