Laura Madokoro

2009
Mentor(s): 
Doctorat en histoire
Université de la Colombie-Britannique

Corps et âme ou comment devient-on réfugié politique en Asie, 1949-1979

Laura examine l’évolution des perspectives et des politiques d’aide aux réfugiés dans un monde en transformation, tant au Canada qu’à l’étranger.

Laura Madokoro poursuit des études de doctorat au Département d’histoire de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle s’intéresse aux situations qui poussent les gens à se déplacer à travers le monde et aux politiques d’aide et d’assistance aux réfugiés. Dans cet esprit, sa recherche doctorale porte sur les crises humanitaires qu’ont connu Hong-Kong, la Corée et le Vietnam pendant la Guerre froide. Elle étudie également la manière dont certains États comme le Canada et l’Australie ont refusé leur aide au nom de politiques d’immigrations restrictives. Ce refus a été posé bien que les réfugiés et leurs avocats aient employés pour leur défense le discours de plus en plus accepté des droits humains universels et des droits des réfugiés pour pouvoir bénéficier des programmes de réinstallation des pays occidentaux.

Cette recherche s’inspire des historiographies qui ne tiennent pas compte des problèmes associés à la réinstallation des réfugiés d’Asie qui sont arrivés dans les pays occidentaux pendant la Guerre froide. Ces interprétations de l’histoire préfèrent souligner des moments plus glorieux et ainsi ancrer quelques exemples de justice humaine dans la conscience collective. Le travail de Laura s’articule autour du point où politique étrangère et politique sur l’immigration se rencontre pour définir le concept de réfugié politique. Plus encore, elle étudie la façon dont les individus ont pu négocier des changements dans les politiques de réinstallation des réfugiés et la libéralisation des mécanismes de l’immigration dans la période de l’après-guerre. Ses études en histoire à l’Université de Waterloo et à l’Université de Toronto lui ont montré l’importance de la documentation et de la diffusion de ce qui a été tu dans l’histoire récente comme dans un passé plus ancien. Cela l’a menée à travailler sur des projets de conservation du patrimoine en Afrique et en République Dominicaine, tout en poursuivant une activité de rédactrice pigiste.  Elle est ensuite rentrée au Canada pour y entreprendre une carrière à Bibliothèque et Archives Canada. Avec son doctorat qui donne la parole aux réfugiés et aux migrants ayant vécu les difficultés de la Guerre froide, Laura Madokoro espère conscientiser les gens sur la manière dont les inégalités se sont perpétuées dans l’histoire et sur la façon dont elles se répercutent dans les problèmes actuels des réfugiés.

Corps et âme ou comment devient-on réfugié politique en Asie, 1949-1979

Pendant la guerre froide, certains pays occidentaux comme le Canada ou l’Australie ont offert généreusement leur aide pour secourir les « combattants de la liberté » qui fuyaient la violence de l’Union soviétique en Europe de l’Est.  Pourtant ces mêmes pays ont refusé d’aider des millions de réfugiés qui étaient déplacés en Asie par les campagnes de décolonisation et les conflits armés pendant la même période. Pour comprendre cette différence de traitement, les recherches de doctorat de Laura Madokoro se concentreront sur comment le Canada et l’Australie — avec ce que ces deux pays ont en commun dans l’histoire de leurs lois anti-immigration asiatique et dans leurs positions géopolitiques —  sont passés d’un refus de recevoir des réfugiés chinois en 1949 à l’accueil de centaines de milliers de « boat people » indochinois en 1979.