Katrin Wittig

Boursiers
2012
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Doctorat en science politique
Affiliation actuelle:
Université de Montréal
Région:

Elle est une étudiante d'origine allemande qui s'interroge sur la transformation de groupes rebelles en partis politiques dans l'Afrique des Grands Lacs.

La politique dans l'ombre des armes : l'héritage politique de la rébellion au sein des partis politiques après une guerre civile

Depuis la fin de la guerre froide, les décideurs politiques plaident en faveur de l'intégration d'anciens groupes rebelles aux processus politiques et conviennent qu'il s'agit d'une condition indispensable pour mettre fin aux guerres civiles, consolider la paix et promouvoir la démocratie. Avant la chute du rideau de fer, les groupes rebelles étaient souvent politiquement exclus des négociations de paix et militairement marginalisés. Par conséquent, même si la conversion formelle des groupes rebelles en partis politiques est de plus en plus reconnue comme un enjeu important de la consolidation de la paix, peu de boursiers ont étudié les dynamiques internes et externes de ce processus de conversion. Cela est encore plus surprenant lorsque l'on considère que la conversion des groupes rebelles en partis politiques post-accord constitue un défi important au sein de nombreux contextes distincts, de l'Irlande du Nord au Kosovo, en passant par le Salvador à la Colombie, du Népal à l'Indonésie et du Mozambique au Burundi. Comment l'histoire et l'héritage des luttes armées influencent-ils la façon dont les partis politiques rebelles se lancent dans la politique après avoir renoncé officiellement à la rébellion armée? Quelles sont les caractéristiques précises des partis politiques ancrés dans les mouvements de résistance armée? Quels sont les risques et avantages de promouvoir la transformation formelle des groupes de rebelles en partis politiques? Ces questions sont au cœur de ce projet de thèse.

Katrin Wittig est candidate au doctorat en science politique à l'Université de Montréal. Elle étudie les dynamiques de la guerre civile et ses répercussions auprès des sociétés qui sortent d'un conflit armé. Elle s'intéresse également aux avantages et aux écueils des programmes de promotion de la démocratie et du développement international. Au cours de ses études de doctorat, elle a travaillé avec l'équipe des Grands Lacs au Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) des Nations Unies.
Avant son doctorat, Mme Wittig a étudié la philosophie et la science politique à l'Université de Heidelberg en Allemagne, à Sciences Po Paris et à l'Université Columbia aux États-Unis. Pendant son parcours universitaire, elle s'est engagée dans plusieurs organisations des droits de la personne pour réaliser des expositions destinées à sensibiliser le public aux violations des droits de la personne dans le monde entier. À Sciences Po, elle a travaillé avec l'Association Bourgogne Balkans Express pour organiser des conférences réunissant chercheurs et praticiens européens afin de débattre de l'avenir des Balkans. Elle a effectué des stages à la Mission permanente de l'Allemagne aux Nations Unies à Genève et à l'Institut français des relations internationales à Paris. Entre ses études de maîtrise et de doctorat, Mme Wittig a travaillé auprès d'une société de conseil panafricaine à Libreville, au Gabon, ainsi qu'au siège des Nations Unies à New York, notamment sur la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement.