Jennifer Jones

Jennifer Jones (géographie, Université de Guelph) cherche la meilleure méthode pour évaluer les effets du développement de l’industrie minière sur la santé et le bien-être des communautés autochtones nordiques au Canada.

Les travaux de Jennifer Jones portent sur la santé et le bien-être des Premières Nations, et plus particulièrement sur la facilitation, le renforcement des capacités et la recherche communautaire. Jennifer s’intéresse depuis longtemps aux problèmes de santé de la région circumpolaire. Elle est une participante active aux Dialogues sur la recherche nordique concernant la santé et la mise en valeur des ressources grâce à ses quinze années d’expérience en gestion de projets axés principalement sur les relations des communautés. Plus récemment, Jen s’est intéressée à l’importance de la santé humaine dans l’appréciation du développement des ressources. Les travaux de doctorat de Jen visent à conceptualiser les effets du colonialisme et de l’assimilation sur la santé et le bien-être des Autochtones et à utiliser les résultats dans une évaluation de routine de la préparation d’une mine. Ces travaux explorent la manière dont les mécanismes tels que l’étude d’impact sur la santé et les ententes sur les répercussions et les avantages peuvent mieux répondre à la vision que se font les Autochtones des concepts comme la santé et le bien-être. Les travaux de Jen font partie d’un vaste projet communautaire subventionné dans le but d’encourager l’autosurveillance du bien-être par la communauté chez les Premières Nations du Yukon. Jen contribue à cette recherche grâce à sa grande expérience pratique à titre de consultante et d’employée des organisations et des gouvernements des Premières Nations, des organismes sans but lucratif et du gouvernement du Yukon.

Projet de recherche

Examen de l'héritage des politiques d'assimilation et de colonialisme au sein de l'évaluation du développement des ressources 

L'évaluation environnementale s'efforce depuis longtemps de déterminer et de réduire efficacement les répercussions communautaires et sur la santé humaine liées aux aménagements de mines, particulièrement dans les territoires nordiques à forte population autochtone. Toutefois, la venue d'évaluations des incidences sur la santé et d'ententes sur les répercussions et les avantages ont permis d'accorder une attention sur la santé et le bien-être communautaires. L'élaboration de ces nouveaux mécanismes a coïncidé avec un intérêt axé sur les déterminants sociaux de la santé. Ces derniers sont utilisés dans l'évaluation d'une mine pour dévoiler les facteurs qui informent sur la santé et le bien-être ainsi que sur les disparités existantes. Toutefois, la pratique d'évaluations contemporaines présente une lacune. Elle n'intègre pas une compréhension nuancée du rôle de l'héritage du colonialisme et de l'assimilation sur la santé et le bien-être des peuples autochtones. La recherche de doctorat de Mme Jones vise à conceptualiser les répercussions des politiques d'assimilation et du colonialisme sur la santé et le bien-être des peuples autochtones aux fins d'utilisation dans l'évaluation régulière de l'aménagement d'une mine.

Après avoir terminé ses études de premier cycle en géographie et en étude des femmes à l'Université Queen's, Mme Jones a voyagé vers le nord, animée par un désir d'aventure et une curiosité envers les gens et cet endroit qu'ils appellent « chez-soi ». Pendant plus de 20 ans, elle a vécu et travaillé dans les environs du Yukon. Elle s'est concentrée sur le développement des capacités et la mobilisation communautaire. Son lien solide pour cet endroit qu'elle appelle « chez-moi » s'appuie sur diverses expériences : vivre hors réseau et apprendre à relier sa cabane à une alimentation électrique de 12 volts, accueillir le chaos et la magie du théâtre et travailler avec le ministère à vocation sociale et le ministère de la Santé des Premières Nations dans le Yukon rural. À la suite de son observation du fossé entre ce qui est connu et compris des collectivités nordiques et ce qui leur est demandé par les politiques et les bailleurs de fonds du sud, Mme Jones est retournée aux études pour obtenir sa maîtrise en santé publique de l'Université d'Alaska Anchorage .

La prise de conscience de Mme Jones quant aux limites de la gouvernance conventionnelle et des cadres d'évaluation a inspiré de façon similaire son retour sur les bancs d'école pour terminer son doctorat à l'Université de Guelph. Dans le cadre de son doctorat, elle cherche à conceptualiser les voies entre l'héritage du colonialisme et la santé et le bien-être autochtones contemporains dans l'optique de l'aménagement d'une mine. « L'évaluation du bien-être dans le cadre de la mise en valeur d'une mine doit considérer les questions de confiance entre les communautés autochtones, le gouvernement et les promoteurs. Cette confiance est chargée d'histoire, laquelle est enracinée dans les expériences des peuples autochtones avec les politiques d'assimilation et de colonialisme », d'affirmer Mme Jones.

Intronisée à titre d'ancienne étudiante de l'Université d'Alaska Anchorage à la Delta Omega Honor Society en reconnaissance de sa contribution à la recherche et de ses services en santé publique, elle siège actuellement à titre de coprésidente au Arctic Institute of Community Based Participatory Research. Mme Jones a également publié sur les points de vue des participants quant à la capacité d'une évaluation des incidences sur la santé de considérer les complexités et les nuances afférentes à la santé et au bien-être.