Gabrielle Bardall

Boursiers
2012
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Doctorat en science politique
Affiliation actuelle:
Université de Montréal
Région:

Elle est une étudiante d'origine américaine qui s'intéresse à la violence entourant les élections en Afrique subsaharienne.

Voix, votes et violence : la concurrence politique au sein des régimes autoritaires électoraux de l'Afrique subsaharienne

Les élections qui ont lieu dans des contextes de régimes autoritaires donnent l'apparence d'une démocratie, sans la substance. Dans ces pays, les élections ne respectent pas les « règles du jeu » traditionnelles. Les candidats politiques sont en concurrence afin de gagner des votes lors des élections. Toutefois, ils peuvent aussi chercher à miner ces mêmes élections par la violence, la protestation et le boycottage dans leur poursuite d'objectifs politiques plus larges. Loin d'être irrationnel, ce comportement s'avère une réponse stratégique à la dynamique précise des régimes autoritaires électoraux. Bien que ces paradoxes politiques soient généralement perçus comme des échecs de démocratisation, ils peuvent en fait contribuer à une démocratie à long terme, en vertu de certaines circonstances. La recherche de Mme Bardall explore les impacts de ces stratégies politiques doubles sur les résultats démocratiques en Afrique subsaharienne au cours des vingt dernières années. En portant un regard nouveau sur les tactiques politiques dans le contexte unique que sont les régimes autoritaires électoraux, sa recherche vise à permettre aux intervenants locaux et internationaux d'instaurer des programmes d'assistance électorale sur mesure, adaptés aux réalités du milieu.

Gabrielle Bardall est une chercheuse-boursière, spécialiste en assistance électorale. Elle possède plus d'une dizaine d'années d'expérience dans le soutien de processus électoraux au sein d'États en transition. Son expérience professionnelle porte sur la conception, la gestion, la mise en œuvre et l'évaluation de programmes techniques d'assistance électorale en Afrique subsaharienne, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Dans le domaine des élections, elle s'est concentrée sur la dynamique des conflits, le développement de partis politiques, les questions d'égalité entre les sexes et les systèmes électoraux. Spécialisée en Afrique subsaharienne, elle a agi régulièrement à titre de chargée de programme résident en République démocratique du Congo, entre 2005 et 2008, ainsi qu'en Guinée en 2008 avec la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES), et a occupé le poste de conseillère technique principale en matière de gestion préventive de la violence électorale au Burundi en 2010 et 2015 avec la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) et UNDP.

En tant que spécialiste des questions d'égalité entre les sexes du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ainsi qu'auprès d'ONU Femmes aux sièges sociaux de New York et dans les bureaux du pays, Mme Bardall a récemment contribué à plusieurs publications de recherche en lien avec la participation des femmes et les élections. Elle a également fourni de la formation sur l'égalité entre les sexes et les élections auprès d'administrateurs électoraux de plus de 50 pays. Au cours des élections post-révolution en Égypte en 2011-2012, elle a introduit des outils de recherche et d'analyse adaptés pour évaluer la participation des femmes lors des missions d'observation électorale (MOE) du Carter Center. Elle a été ainsi la première conseillère en matière d'égalité entre les sexes du Carter Center déployée avec une équipe de MOE. Ses actions ont permis de mettre à l'avant-plan la question de la participation des femmes en politique lors de recommandations publiques et de l'analyse de la mission d'observation durant les élections de l'assemblée constitutionnelle. Chercheuse et consultante auprès de plusieurs organisations internationales, elle a publié des articles sur les secteurs progressistes de sa discipline, y compris une recherche innovatrice sur la dimension sexospécifique de la violence électorale. Elle est également consultante sénior pour l'International Knowledge Network of Women in Politics (iKNOW Politics).

En tant qu'animatrice-formatrice experte accréditée par le projet de perfectionnement professionel Building Resources in Democracy, Governance and Elections (www.bridge-project.org), elle a donné plus de milles heures de formation pour les administrateurs d'élections ainsi que pour les fournisseurs d'assistance électorale, y compris la division de l'assistance électorale de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), et pour les membres des commissions électorales au Moyen-Orient, dans le nord de l'Afrique, en Europe de l'Est, en Afrique et dans les Caraïbes. Mme Bardall a également donné une séminaire de formation à l'Institut universitaire européen et elle est de plus une ancienne du Women's Campaign School à l'Université Yale. Elle se porte également bénévole auprès d'organismes populaires en Afrique afin de partager son expérience en élaboration et en financement de programmes et en intégration des médias sociaux et des technologies de communication au sein de programmes de prévention contre les violences électorales.

Avant de s'engager dans une carrière axée sur la démocratie et la gouvernance, Mme Bardall a travaillé à des programmes communautaires pour des organismes populaires venant en aide aux femmes en Afrique de l'Ouest et en Amérique centrale. Chez elle au Québec, elle est une passionnée du jardinage et une fervente pagayeuse. Elle est candidate au doctorat à l'Université de Montréal où, motivée par son expérience professionnelle, sa recherche explore la démocratisation et les violences électorales en Afrique subsaharienne. Mme Bardall est titulaire d'un baccalauréat de l'Université McGill, à Montréal, et d'une maîtrise de l'Institut d'études politiques de Paris.