Alanis Obomsawin

Documentariste membre de la nation abénaquise, elle est engagée à améliorer les conditions de son peuple et préserver le patrimoine autochtone.

Membre de la nation abénaquise, Alanis Obomsawin est considérée comme l'une des documentaristes canadiennes les plus en vue. D'abord chanteuse, auteure et conteuse, elle se lance dans le cinéma en 1967, année où elle écrit et réalise Christmas at Moose Factory. Suivront plus de trente autres documentaires incisifs portant sur la situation des peuples autochtones au Canada. Pendant près de quarante ans, elle a réalisé pour l'Office national du film des documentaires à forte teneur sociale, poussée par le désir de donner la parole à son peuple.

Auteure et interprète, Alanis Obomsawin a donné des spectacles pour des causes humanitaires dans des universités, des musées, des prisons, des centres culturels, et dans des festivals d'arts populaires au Canada, aux États-Unis et en Europe. Dans son album Bush Lady, paru en 1988, elle chante des chansons traditionnelles abénaquises ainsi que de nouvelles compositions.

Alanis Obomsawin s'adonne depuis plus de vingt-cinq ans à la gravure et a exposé au Canada et en Europe. Ses œuvres abordent principalement le thème de la maternité, mais elles traitent aussi de ses rêves, des animaux spirituels et des événements historiques. Alanis Obomsawin est le sujet du tout premier livre sur les cinéastes autochtones, Alanis Obomsawin: The Vision of a Native Filmmaker, de Randolph Lewis, publié en 2006 par les presses universitaires du Nebraska. En mai 2008, le Museum of Modern Art à New York lui a consacré une rétrospective. Au cours du même mois, elle recevait le Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène, dans la catégorie Réalisation artistique.

En 1983, elle est reçue membre de l'Ordre du Canada, en reconnaissance de son dévouement au bien-être de son peuple et à la conservation du patrimoine autochtone par ses films et ses activités militantes. Ses nombreuses distinctions comprennent notamment le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, le Prix Luminaria pour l'ensemble de son œuvre cinématographique (Festival du film de Santa Fe), le prix Pionner décerné par l'International Documentary Association, le Prix du mérite exceptionnel en réalisation remis par l'association torontoise Women in Film and Television (TWIFT), le Prix national d'excellence décerné aux Autochtones par la Fondation nationale des réalisations autochtones, le Prix de contribution remarquable de la Société canadienne de sociologie et d'anthropologie (SCSA). À cette occasion, le prix de la SCSA était remis pour la première fois à une personne hors du milieu universitaire de la sociologie ou de l'anthropologie.

En octobre 2007, Alanis Obomsawin a reçu un doctorat honorifique en droit de l'Université de Western Ontario. Auparavant, elle avait reçu une bourse de recherche du Collège des arts de l'Ontario, un doctorat honorifique en lettres de l'Université York, un doctorat honorifique en droit de l'Université Concordia et un doctorat honorifique en littérature de l'Université Carleton. Elle a également enseigné aux Rencontres estivales ciné-vidéo, à Ottawa.

Elle a présidé le conseil d'administration du Foyer pour femmes autochtones de Montréal et a siégé au Comité consultatif des Premiers Peuples du Conseil des arts du Canada. Elle a aussi été membre du conseil du Studio 1, le studio autochtone de l'Office national du film (ONF), et conseillère à New Initiatives in Film, un programme du Studio D de l'ONF à l'intention des femmes noires ou autochtones. En tant que membre du conseil d'Aboriginal Voices, elle a participé aux démarches visant à obtenir une licence de radiodiffusion pour l'organisme. Elle est membre à vie du conseil d'administration du Réseau de télévision des peuples autochtones et siège aussi au conseil du Public Broadcasting System, au Vermont, et à celui de National Geographic Television International.