31 Mars 2011

« De la migration à l’itinérance : le récit du soi et la mobilité contemporaine » par le professeur Simon Harel (Université du Québec à Montréal) et lauréat Trudeau 2009. Institut français de l'Université de Régina.

Comment se définit la mobilité culturelle, sociale ? En d'autres mots, la mobilité contemporaine ? Grâce aux fonctions du récit, plus particulièrement à la saisie des prises de parole et à la construction de mots, d'images ou d'espace, Simon Harel conceptualise et explique la dynamique relative aux fondements de l'identité des individus et de leur insertion sociale ainsi qu'aux fondements du soutien nécessaire à offrir dans les cas de marginalisation et d'immigration. Discuter de mobilité par la littérature, c'est finalement prendre part à une réflexion sur la « désolidarisation » apparente du corps socio-culturel. Simon Harel étudie donc l'aptitude à se mouvoir entre des domaines culturels, dans l'espace des signes et, de manière plus générale, des langages que nous manipulons. Ses recherches concernent l'immigrant, l'exilé, le professionnel contraint de répondre à des exigences de transdisciplinarité comme le sujet victime de discrédit, en situation de précarité dans l'espace social.

Lauréat du  prix Trudeau (2009-2012), Simon Harel est membre de la Société Royale du Canada. Il a ouvert, au cours des vingt dernières années, un champ de recherche novateur à la frontière des études littéraires et culturelles. Il a été l'un des premiers à préciser la singularité de l'expérience migratoire au Québec. Son ouvrage Voleurs de parcours, publié en 1989 et réédité en 1999, est reconnu comme l'un des livres les plus significatifs des années 1980 et 1990 dans le champ des études culturelles au Québec.

Auteur de plus de vingt essais, il s'est intéressé aux problématiques interculturelles, aux questions qui font référence à la place de l'étranger dans la société, et a poursuivi des recherches sur la précarité de nos espaces de vie. Conscient de l'insuffisance de certains discours critiques (sur l'hybridité, le métissage, l'identité à la carte), il se donne à présent comme objectif de cerner les formes instables, souvent conflictuelles, de la mobilité culturelle.