20 Octobre 2009

Université de Winnipeg (MB)

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« La gestion des migrations comme test de nos démocraties »

Nous sommes tous des immigrants, l’avons toujours été et le serons toujours », affirme François Crépeau d’un ton convaincant. « Du point de vue historique, la mobilité a toujours été la règle, et non l’exception; les frontières ont rarement empêché les gens de se déplacer. Nos sociétés complexes s’enrichissent grâce à l’immigration : la culture et le discours collectif en sont profondément influencés, bien qu’on ne le reconnaisse pas toujours. » Au cours de cette première conférence Trudeau tenue à Winnipeg, François Crépeau abordera la nature universelle des droits des migrants. Les migrants ont des droits fondamentaux, les mêmes que quiconque, à l’exception des droits politiques et du droit d’entrer et de s’établir sur le territoire. Bien sûr, depuis les attentats du 11 septembre 2001, le contrôle des migrations aux frontières est devenu le leitmotiv de toute politique de sécurité. M. Crépeau fait voir que cette idée biaisée vise essentiellement à créer un discours politique pointant du doigt le bouc émissaire de nos frayeurs et à justifier les mesures restrictives contre les étrangers au nom de la « sécurité ». Peut-on imaginer une société où serait possible le libre mouvement des personnes entre les frontières? À titre de constante de civilisation, la mobilité ne devrait-elle pas devenir un droit?