William Hébert

Boursiers
2015
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Doctorat en anthropologie sociale et culturelle
Affiliation actuelle:
Université de Toronto
Région:

William Hébert (anthropologie sociale et culturelle, Université de Toronto) étudie le développement de politiques et projets pour les détenus trans au Canada, et ce que ces changements révèlent sur les conditions et les limites à l’inclusion.

Projet de recherche

Punir avec soin : une étude sur les détenu.es trans et la politique canadienne du «multisexualisme»

Au Canada et ailleurs dans le monde, la tare sociale vécue par les personnes trans est susceptible de contribuer à une probabilité accrue d'arrestations et de poursuites judiciaires. Une fois incarcérée, cette population est également reconnue pour être victime de violence sexuelle et physique et d'un refus de soins de santé affirmatifs du genre. Alors que le Canada est souvent considéré comme un chef de file international en matière des droits des LGBT et des détenus, jusqu’à récemment, les personnes trans demeuraient une population négligée au sein des établissements correctionnels. Depuis 2015, plusieurs politiques institutionnelles et projets issus de la société civile se sont pourtant rapidement développés pour répondre à la détresse des détenus trans. La thèse de recherche de William consiste en une enquête ethnographique sur la criminalisation et l'incarcération des personnes trans au Canada, qui situent ces changements comme faisant partie d’un éventail de pratiques visant la reconnaissance, l’affirmation et l’inclusion formelle de la diversité sexuelle et de genre au Canada, ce qu’il appelle le « multisexualisme ». Ce projet se penche sur ce que les cas de détenus trans dévoilent au sujet des valeurs et des pratiques nationales relatives à la criminalité, à l'incarcération et à la disposition des droits de la personne et autres mécanismes de protection offerts par l’état. William vise aussi à identifier ceux et celles qui demeurent exclus des initiatives qui se disent inclusives pour les personnes trans, dans le but d'offrir à cette population de meilleures conditions de vie à l'intérieur et au-delà des murs des prisons.

William Hébert est étudiant au doctorat en anthropologie sociale et culturelle à l'Université de Toronto. À l'automne 2015, il a été chercheur invité à l'Universidade Federal do Rio Grande do Sul à Porto Alegre, au Brésil. Financé par une bourse d'études supérieures du Conseil de recherches en sciences humaines, sa dissertation ethnographique vise à aborder la surreprésentation et la vulnérabilité des personnes trans dans les établissements correctionnels, et de souligner les similitudes et les différences transnationales en ce qui concerne les normes et les pratiques relatives à la criminalité, au rôle des établissements répressifs et de la justice (sociale) au Canada et au Brésil. Il est de plus récipiendaire du Prix Kenneth W. Payne 2017, décerné par l’Association d’Anthropologie Queer de l’Association Américaine d’Anthropologie.

En tant que chercheur et militant engagé, M. Hébert s'est concentré sur les demandes des minorités sexuelles et de genre envers un changement social ainsi que de leurs relations avec les établissements qui ont façonné et gouverné leur vie. Il a travaillé et a été bénévole pour plusieurs projets communautaires, notamment à titre de chargé de projet d'une initiative d'intervention et de recherche auprès des personnes trans âgées et de leur accès aux services sociaux et de soins de santé au Québec. Inspiré par son intérêt à associer la théorie à la pratique, il a participé à une recherche évaluative sur la mise en œuvre d'une politique  sur les services de toxicomanie dans des cliniques de soins de santé primaires. Il a également collaboré à un projet de recherche portant sur l'utilisation des conclusions de recherche dans la législation et les politiques sur le travail du sexe, et contribué à un vaste projet de recherche-action du Women's Empowerment in Muslim Contexts Consortium (consortium sur l'autonomisation des femmes dans un contexte musulman) sur le mouvement des femmes à de multiples emplacements dans le monde. Il s'est également fait un devoir de partager ses compétences en recherche et en rédaction en tant que collaborateur de recherche pour un projet sur les parents trans. Il a de plus été représentant communautaire en consultation en matière de politiques, et bénévole auprès de nombreux groupes communautaires tels qu'Action Santé Travesti(e)s et Transsexuel(le)s du Québec (ASTT(e)Q), Stella et Sida Bénévoles Montréal (ACCM).

Son aspiration à devenir un intellectuel sur la scène publique l'a poussé à diffuser ses travaux par le biais de publications universitaires et de conférences internationales, de revues spécialisées et communautaires, de ressources Web et lors d'événements. Dévoué à combler l'écart souvent présent entre les mouvements universitaires et de justice sociale ainsi que de transcender les barrières linguistiques, M. Hébert espère favoriser les réseaux entre les chercheurs et les activistes au Canada, au Brésil, aux États-Unis et ailleurs dans le monde.