William E. Rees

Instigateur du concept d’« empreinte écologique », il a été professeur distingué à l’École de planification communautaire et régionale de l’Université de la Colombie-Britannique.

"William Rees est un spécialiste de l’économie humaine et de l’économie écologique. Ses travaux portent sur les prérequis biophysiques de la durabilité à l’ère de l’accélération des changements écologiques et sur les obstacles biosociaux à l’action politique efficace. M. Rees s’est d’abord concentré sur l’évaluation des impacts environnementaux, puis il s’est ensuite particulièrement intéressé aux villes en tant que « vecteurs de corruption » (« trous noirs » de consommation), ainsi qu’à la vulnérabilité de ces dernières aux changements climatiques. Le professeur Rees est le créateur et codéveloppeur (avec ses étudiants des cycles supérieurs, particulièrement le docteur Mathis Wackernagel) de l’« analyse de l’empreinte écologique » (l’empreinte carbone — une composante de l’empreinte écologique globale — et l’empreinte aquatique sont bien connues comme étant dérivées du concept original).

La croissance de l’empreinte écologique humaine est probablement l’indicateur de la non-durabilité le plus connu dans le monde et montre sans équivoque que l’humanité a déjà franchi les limites : les humains consomment des ressources biologiques et produisent des déchets en quantités grandement supérieures aux capacités de régénération de l’écosphère. Les travaux les plus récents du professeur Rees soulignent les obstacles évolutifs, neurologiques, cognitifs et culturels qui font obstacle aux mesures correctives, et ils indiquent les politiques à suivre pour éviter un effondrement de la société."

William Rees détient un doctorat en écologie humaine de l’Université de Toronto et il a enseigné à l’École de planification communautaire et régionale (SCARP) de l’Université de la Colombie-Britannique de 1969 à 2011. Il a créé dans cette école, qu’il dirigeait de 1994 à 1999, un champ d’études en environnement et planification des ressources.

Le travail de M. Rees porte essentiellement sur les conditions socioéconomiques et écologiques nécessaires à la durabilité des sociétés dans le contexte actuel de l’accélération des changements écologiques sur la planète. Ce spécialiste de l’écologie humaine et de l’économie écologique est à l’origine du concept appelé « empreinte écologique », un outil d’analyse de la durabilité largement employé et qui a contribué à reprendre le débat sur la capacité limite de l’humanité. Son livre, Notre empreinte écologique (1996), co-écrit avec Mathis Wackernagel, alors étudiant au doctorat, a été traduit en neuf langues. M. Rees a rédigé plusieurs chapitres de livres et plus de 125 articles parus dans des revues évaluées par les pairs. Il est auteur de nombreux articles de vulgarisation traitant du problème de la durabilité pour l’humanité. Son projet d’écriture actuel emprunte des éléments de réponse à diverses disciplines pour aborder la question suivante : « l’humanité est-elle par nature non durable ? »

M. Rees est membre fondateur et ancien président de la Société canadienne d’économie écologique. Il est cofondateur de l’initiative One-Earth. Il est également chercheur pour le projet Global Integrity, qui vise à définir les conditions écologiques et politiques nécessaires à la protection de la biodiversité et au maintien de la santé humaine. Le travail de M. Rees est reconnu dans le monde entier. Il a été invité à présenter ses travaux de recherche dans plus de 25 pays; en 2012, il a reçu le prix Boulding Memorial en économie de l'environnement et le prix Blue Planet avec son ancien étudiant, Mathis Wackernagel. En 2006, William Rees était élu membre de la Société royale du Canada.