Wendell Adjetey

Boursiers
2014
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Doctorat en histoire et études afro-américaines
Affiliation actuelle:
Yale University
Région:

Wendell s’intéresse aux migrations transfrontalières entre les villes des Grands Lacs qui ont permis aux Noirs de susciter des changements politiques au Canada et aux États-Unis.

Mon projet de recherche 

Le projet de doctorat de Wendell situe la migration et l’activisme des noirs au Canada et aux États-Unis dans un cadre historique plus général et une diaspora en mouvement. Il examine l’activisme dans les mouvements de libertés civiles et de luttes ouvrières des Afro-Américains, particulièrement dans les villes entourant les Grands Lacs. Son analyse déborde  les frontières nationales pour situer l’histoire urbaine à des moments précis, portant un regard attentif à la race, la région, la migration et la main-d’œuvre. Wendell souhaite comparer et mettre en contraste comment les Afro-Américains de chaque côté de la frontière ont créé des stratégies nationales de résistance, de développement d’une conscience communautaire, de succès économique, incluant la syndicalisation, tout en portant un regard attentif à la coopération transnationale. Ses comparaisons outre-frontière mettent en évidence de nombreux enjeux, dont la citoyenneté, l’inclusion et l’exclusion politique, les inégalités raciales en milieu de travail et les relations industrielles, les conflits raciaux et les coalitions interraciales et, la ségrégation résidentielle.  

 

Parlez-nous de votre projet de recherche et de ses grandes lignes  

Mon projet de thèse porte sur les luttes menées au XXe siècle par les Afro-Canadiens et les Afro-Américains pour la garantie de leurs droits. Ce travail de recherche interdisciplinaire fait appel aux domaines de l’histoire urbaine, ouvrière, transnationale et migratoire, secteurs qui ont récemment fait l’objet de recherches très intéressantes au Canada et aux États-Unis. En étudiant le travail, la migration et la politique des Afro-Nord-Américains, je me suis rendu compte qu’il y a une prise de conscience commune de part et d’autre de la frontière. 

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir ce projet en particulier? 

Je trouve qu’il y a un manque flagrant d’analyses historiques portant sur les Afro-Canadiens au XXe siècle. À l’Université de Toronto, j’ai eu un professeur d’histoire très inspirant qui mettait en relief l’importance historique nationale de femmes et d’hommes privés de leurs droits. En constatant l’ampleur du rôle des communautés noires de Toronto, qui ont fait pression pour que le gouvernement fédéral assouplisse ses politiques d’immigration restrictives après la Deuxième Guerre mondiale, je me suis senti obligé d’approfondir le sujet. Et cela m’a amené jusqu’à l’Université Yale.  

Qu’est-ce que votre recherche apporte de nouveau ou d'étonnant? 

Mon projet compte plusieurs interventions. L’une d’elles est l’étude des migrations transfrontalières qui ont permis aux Noirs des villes des Grands Lacs de provoquer des changements politiques au Canada et aux États-Unis. J’espère aussi ébranler la vision ethnocentrique américaine des luttes pour les droits et libertés civils, en y incluant le Canada et les Afro-Canadiens comme protagonistes des luttes antiraciales aux États-Unis et sur l’ensemble du continent nord-américain.  

Selon vous, qui profitera le plus des résultats de vos travaux? 

Mes recherches aideront à combler certaines lacunes dans l’histoire du XXe siècle au Canada. Les chercheurs et les étudiants (y compris ceux du secondaire) pourront ainsi tirer avantage de mes analyses et de mon interprétation des luttes et du militantisme des Noirs. Les politiciens, les décideurs ou les ONG pourront aussi mettre à profit mes recherches, car elles visent la justice sociale, les droits de la personne, la société civile, la démocratie et la primauté du droit.  

À votre avis, quel impact aura votre travail sur les débats de politiques publiques au Canada dans les trois à cinq prochaines années? 

Un des plus grands impacts de mes recherches sur les débats de politiques publiques au Canada pourrait être de faire voir toute l’efficacité de l’organisation communautaire. Ces femmes et ces hommes marginalisés ont joué un rôle considérable pour faire de la société canadienne un endroit plus inclusif, plus démocratique et plus juste. En cela, ces personnes constituent autant d’exemples pour les politiciens et les analystes, notamment en révélant que ce sont les citoyens ordinaires, et non les gouvernements, qui agissent comme moteurs des transformations. En ce sens, je souhaite privilégier le vécu et les luttes de ces Canadiens et Canadiennes privés de leurs droits, lesquels sont de véritables catalyseurs pour l’avancée des politiques publiques.

Wendell Nii Laryea Adjetey, bénéficiaire reconnaissant d’une bourse de la Fondation Trudeau et d’une bourse doctorale du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, poursuit actuellement un doctorat conjoint aux départements d’histoire et d’études afro-américaines de l’Université Yale. Son projet de doctorat porte sur les processus qui ont permis aux Afro-Américains et leurs homologues de la diaspora de créer des liens transnationaux de liberté dans les sphères des libertés civiles et du syndicalisme ouvrier durant la période entre-deux-guerres et les années d’après-guerre.   

Wendell possède de nombreuses années d’expérience notamment dans les domaines de l’éducation, des soins de santé et, des politiques sur la jeunesse et la protection de l’enfance. Il a travaillé au Health Strategy Innovation Cell du Collège Massey de l’Université de Toronto, à l’Institut Fraser et au Peel Children’s Aid Society. Il a également travaillé près de trois ans au ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du gouvernement fédéral. Pendant trois ans avant d’entamer ses études doctorales en 2012, il a été gestionnaire de cas d’un programme de prévention et d’intervention de bandes de jeunes dans le nord de Toronto, une initiative financée par le gouvernement fédéral et évaluée par l’Université de Toronto. Puisant à même ses intérêts pour la recherche et les études et, le développement communautaire et la justice sociale, Wendell a défendu les intérêts des jeunes des quartiers déshérités et a collaboré avec des partenaires communautaires et les trois niveaux de gouvernements dans le but d’examiner, d’un point de vue global, la privation des droits, la pauvreté et la violence.   

Cette implication en développement communautaire et justice sociale remonte aux expériences d’enfance de Wendell à Accra et à Toronto et, plus particulièrement, à 2005, lorsque la ville de Toronto a vécu l’infâmante « année des armes à feu ». En réponse à une période où l’on avait enregistré un nombre record d’homicides de jeunes à l’aide d’armes à feu dans les quartiers déshérités de Toronto, Wendell a créé un organisme à but non-lucratif primé qui offrait du mentorat et de l’encadrement pédagogique aux jeunes déshérités. Il en a d’ailleurs été le directeur pendant cinq ans. Il s’est mérité de nombreux prix, bourses et distinctions dans le cadre de son travail, dont  la Médaille de l’Ontario pour les jeunes bénévoles et un médaillon de la paix du YMCA du Toronto métropolitain. En 2009, il avait eu l’honneur de représenter le Canada à l’Unesco lors du cinquième institut de formation en leadership en droits de la personne. Wendell est également administrateur fondateur de la Fondation Tujenge Africa, un organisme caritatif qui promeut les processus de paix, la construction de la nation, et la formation aux fonctions d’encadrement pour des élèves hautement performants et provenant de familles à faibles revenus au Burundi, le pays le plus pauvre du monde. En juillet 2017, Wendell est devenu membre du conseil d’administration de la Fondation Inspirit, une organisation nationale qui promeut la citoyenneté et le pluralisme à travers de l’investissement d’impact dans des initiatives menées par et pour la jeunesse.

Diplômé de l’Université de Toronto, Wendell détient un baccalauréat en histoire et relations internationales (avec distinction), (2008) et une maîtrise en science politique et en études ethniques, immigration et pluralisme (2009). Alors qu’il était étudiant de premier cycle, il  a publié deux articles de revue jugés par les pairs sur les relations stratégiques entre les États-Unis et Israël et, l’évolution de la politique d’immigration canadienne dans les années d’après-guerre. Il a également publié des articles d’opinion dans le Toronto Star et le National Post. Son père et sa mère sont ses plus grands héros.