Sophia Murphy

Boursiers
2013
Programme d'étude:
Doctorat en gestion des ressources et sciences de l’environnement
Affiliation actuelle:
Université de la Colombie-Britannique

Comment assurer la souveraineté alimentaire? Sophia Murphy fait l’inventaire des outils qui permettent d’atteindre la sécurité alimentaire, du local à l’international. 

Sophia Murphy est une boursière Trudeau 2013 qui mène des études de doctorat à l’Institute for Resources, Environment and Sustainability de l’Université de la Colombie-Britannique. Mme Murphy a plus de vingt années d’expérience professionnelle à titre d’analyste politique, dont les travaux portant sur les questions de nourriture, d’agriculture et de développement international ont fait l’objet de publications. Ses travaux récents comprennent des définitions de la sécurité alimentaire, des analyses de la volatilité des prix dans les marchés internationaux des produits alimentaires de base et une étude de la compétition et du pouvoir de marché dans les systèmes alimentaires mondiaux. Elle est l’une des quinze membres du Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition des Nations Unies, conseillère principale pour le Trade and Global Governance Programme de l’Institute for Agriculture and Trade Policy basé à Minneapolis, et membre du conseil d’administration d’ActionAid USA.

Projet de recherche

Sécurité alimentaire : renforcer la gouvernance internationale du commerce des produits agricoles en soutien au droit à l'alimentation en cette ère de changements climatiques

La recherche au doctorat de Sophia examinera un paradoxe au cœur des politiques du commerce et de la sécurité alimentaire : bien que le commerce international soit jugé comme étant essentiel pour la sécurité alimentaire, les politiques d’échanges agricoles internationales ont largement contribué à l’insécurité alimentaire. Les décideurs réduisent trop souvent la sécurité alimentaire à une question purement technique : assurer un approvisionnement suffisant, livrer les aliments à travers les marchés (y compris le commerce international), et l'achat des produits par les consommateurs à l’aide de leurs revenus, possiblement accompagnés par l’aide sociale. Cette compréhension de la sécurité alimentaire repose sur l’appui d’un commerce libéralisé comme étant la meilleure façon de réaliser la sécurité alimentaire. Toutefois, une constatation empirique confirme que les marchés sont efficaces mais insuffisants à la réalisation du droit à l'alimentation. Il est essentiel que les décideurs comprennent les politiques, les limites environmentales et la complexité des systèmes alimentaires afin de réaliser une politique adéquate. Sophia examinera les contradictions dans les débats sur les marchés et le commerce afin d’évaluer les approches alternatives en matière de gouvernance des échanges agricoles, lesquelles appuyeraient l’éradication de la famine extrême et la réalisation du droit à l’alimentation.

Sophia Murphy possède 25 années d’expérience professionnelle en coopération internationale pour le développement. Elle travaille à des accords multilatéraux et à des accords d'investissement et à leurs relations envers la sécurité alimentaire et l’aménagement rural. Ses travaux de recherche et ses activités de défense des droits ont touché diverses facettes des systèmes alimentaires, y compris le droit commercial international, les programmes nationaux de soutien dans une dizaine de pays, l’aménagement rural, l’aide alimentaire, le droit à l’alimentation, les accords internationaux sur les produits de base et le pouvoir économique concentré dans les marchés alimentaires et agricoles. Sophia a travaillé pour des organismes non gouvernementaux et pour les Nations Unies. Elle a également agi comme consultante auprès d’organismes gouvernementaux et de groupes de réflexion et donné des cours universitaires. En 2013, Sophia s’est inscrite à temps plein à un programme de doctorat à l’Institute for Resources, Environment and Sustainability de l’Université de la Colombie Britannique. Elle est candidate au doctorat et prévoit terminer ses études en décembre 2017. Sophia siège pour un deuxième mandat concomitant au Comité de la sécurité alimentaire mondiale des Nations Unies. Ce comité est composé de quinze experts de renommée internationale. Elle est également présidente du conseil d’administration d’ActionAid USA. Elle écrit pour un public universitaire et non universitaire et a accordé des entrevues pour la télévision, la radio et la presse écrite nationales dans plusieurs pays. Sophia est bilingue (anglais et français) et possède la double nationalité canadienne et britannique.

Expérience à titre de boursière Trudeau

Grâce à la bourse de la Fondation Pierre Elliott Trudeau, j’ai eu l’occasion exceptionnelle d’apprendre, d’explorer et de me questionner sur des enjeux importants auxquels fait face le Canada. Par exemple, j’ai travaillé durant les deux dernières années sur un petit projet avec Anelyse Weiler, boursière 2015. Ce projet avait pour but d’apprendre sur des questions de sécurité alimentaire dans le nord du Canada et d’écrire à ce sujet, en m’appuyant sur ma participation à l’Institut d’été 2016, à Whitehorse. Ces questions précises sur la sécurité alimentaire ne sont pas examinées dans le cadre de notre doctorat respectif. Toutefois, nous nous sentons toutes deux interpellées par l’urgence des problèmes, leur complexité et l’importance d’introduire le contexte autochtone canadien dans les questions de sécurité et de souveraineté alimentaires pour étayer nos travaux de recherche. La Fondation crée un espace d’échange propice à ce type de synergie. Elle offre le financement, le contenu intellectuel, un réseau exceptionnel de Canadiens avec lequel collaborer et un soutien considérable envers les nouveaux projets fondés sur nos recherches doctorales dans les domaines de la politique publique et de l’action gouvernementale.

Ma thèse porte sur la réglementation du commerce international ainsi que sur l’atteinte de la sécurité alimentaire et de la nutrition pour tous. La bourse de la Fondation a instauré un point d’ancrage canadien à mes travaux de recherche. J’ai pu faire la connaissance de dizaines de boursiers et de chercheurs dont les travaux de recherche diffèrent largement des miens, mais qui étaient tous axés sur les systèmes alimentaires. Les événements de la Fondation ne sont pas conçus pour travailler à sa thèse et l’améliorer. Nous pouvons accomplir cela dans notre faculté et par le biais de nos échanges avec nos confrères dans notre domaine. La Fondation offre une façon pour les boursiers de mettre en pratique leur savoir, de se questionner sur la façon dont ils ont acquis leurs connaissances et de les encourager à réfléchir à la pertinence du doctorat au-delà du prochain article pour une revue spécialisée ou de la prochaine discussion à propos du travail.