Margaret Lock

Elle étudie les relations entre la culture, la technologie et le corps humain.

Margaret Lock s’intéresse aux innovations dans les technologies biomédicales, à leur application dans les soins cliniques ou dans la société ainsi qu’à leurs effets sur divers concepts, dont la compréhension des limites du corps, l’idée de soi et des autres, le rapport entre santé et maladie, la notion d’être humain et les attentes face à une vie juste et bonne. Elle a comparé diverses démarches quant aux critères de la mort cérébrale et à la transplantation d’organes au Japon et en Amérique du Nord, quant à la mise en place de tests et de dépistages génétiques en Europe et en Amérique du Nord et quant au recours à la détection de biomarqueurs chez les personnes « saines » d’âge moyen pour mieux comprendre les symptômes annonciateurs de la maladie d’Alzheimer dans le contexte du vieillissement de la population mondiale. Récemment, elle a observé, dans l’ère post-génomique, que les gènes ne déterminent pas, en soi, la vie et que l’existence, le développement ou les variations chez les humains impliquent un enchevêtrement d’interactions entre les gènes et l’environnement, ce qui affectent souvent directement les générations à venir. Cette piste comporte d’énormes répercussions politiques et sociales; elle permet de se pencher minutieusement sur les inégalités, les stigmas et la discrimination qui contribuent à éroder les milieux.

Pionnière en anthropologie médicale, Margaret Lock étudiait déjà la renaissance de la médecine traditionnelle au Japon avant que ce domaine ne devienne une discipline reconnue. Qu'elle étudie les transitions de cycle de vie ou s'attache aux technologies biomédicales qui facilitent la reproduction ou encore au lien entre la mort cérébrale et le don d'organes, elle se trouve à regarder les rapports entre la culture, la technologie et le corps dans un contexte japonais et nord-américain.

Persuadée que les gens ont un droit fondamental à la vie en santé - question de droits de la personne où entrent en jeu les facteurs du mode de vie, des mesures de santé publique, de l'accès aux services de santé, de l'économie, de la politique et de grands bouleversements comme les guerres -, elle étudie actuellement les aspects génétiques de la maladie d'Alzheimer; elle se demande si les gens devraient subir des tests de détection de gènes de vulnérabilité et s'interroge sur l'incidence de tels tests sur leur propre vie et celle de leur famille.
À l'avant-garde dans tous ses domaines de recherche, elle est professeure Marjorie Bronfman en études médicosociales à l'Université McGill. Elle est souvent invitée à prendre la parole à l'étranger (elle est conférencière d'honneur et s'adresse aux assemblées plénières). Elle a publié 12 ouvrages et écrit plus de 170 articles spécialisés.

« Aujourd'hui, les sciences biologiques et de grands pans du monde de la médecine subissent une vaste transformation en cette ère postgénomique, ce qui aura d'incroyables répercussions sur les droits de la personne (qui sera visé par cette nouvelle façon d'aborder les soins, qui en profitera et qui sera exclu?). Les objectifs de la Fondation Trudeau me font fermement garder à l'esprit ce genre de réflexion sur les inégalités qui persistent. »