Jonas-Sébastien Beaudry

Boursiers
2009
Affiliation actuelle:
Professeur adjoint, École de droit Peter A. Allard, Université de la Colombie-Britannique
Région:

Jonas-Sébastien est professeur adjoint à l'École de droit Peter A. Allard de l'Université de la Colombie-Britannique.

Le boursier Trudeau 2009 Jonas-Sébastien Beaudry est un avocat titulaire d’un diplôme de McGill et de Harvard. Il a également terminé une thèse de doctorat sur le statut moral des personnes souffrant de déficiences intellectuelles sévères à l’Université d’Oxford. Ses recherches multidisciplinaires sont guidées par le droit, l’éthique et les recherches sur les invalidités. Il a publié une variété d’articles ainsi qu’un livre en français, anglais et espagnol. Il a donné des cours au St. Catherine’s College, à la San Francisco State University, à l’UQAM et à McGill, où il a enseigné les droits de la personne, la théorie de l’invalidité, et l’éthique mondiale. Il a travaillé à la Cour interaméricaine des droits de l’homme ainsi que pour une ONG dans le domaine des droits de la personne en Amérique du Sud. Il a également occupé le poste d’auxiliaire juridique à la Cour suprême du Canada et à la Cour internationale de justice. 

Recherche doctorale

Vers une théorisation des droits des personnes mentalement handicapées

Sa recherche doctorale portera sur les justifications des droits de la personne des individus mentalement handicapés. Il fait partie de notre sens commun que les personnes mentalement handicapés méritent autant de respect et de droits que les personnes non handicapées. Les droits “humains” sont généralement conçus comme s’appliquant à tous les êtres humains. Cependant, certains courants théoriques suggèrent que le degré de respect ou le statut moral de toute entité ne devrait pas être établi sur la base de l’appartenance biologique à l’espèce humaine, mais plutôt sur la possession de certaines propriétés, dont des capacités cognitives dont les personnes mentalement handicapées sont dépourvues. Peu de théoriciens ont abordé ces critiques qui doivent être considérées sérieusement puisqu’elles ont des bases intellectuelles plausibles et peuvent concrètement justifier de ne pas redistribuer des ressources (par exemple, éducatives, médicales) limitées à des individus trop jeunes, trop âgés, ou mentalement handicapés sur la base de leur manque de capacités. Je compte argumenter que ces approches sont réductivistes et notamment qu’elles n’accordent pas assez d’importance aux relations que les personnes mentalement handicapées ont avec les personnes « normales ».

Jonas-Sébastien Beaudry est un juriste et théoricien du droit. Son travail de recherche se situe au carrefour du droit, de l'éthique et de l'étude de la condition des personnes handicapées.

Il est récipiendaire d’une bourse Boulton en recherche et en enseignement de la Faculté de droit de l'Université McGill en 2013-2014, où il a entrepris un projet de recherche sur l'accès à la justice des témoins ayant des déficiences intellectuelles, en plus de concevoir un cours sur les fondements théoriques du droit des personnes handicapées.

M. Beaudry est titulaire d'un D.Phil. de l'Université d'Oxford, où il a donné deux tutorats : « Les droits de la personne en Amérique latine » (Human Rights in Latin America) et « Les droits de la personne et la justice mondiale » (Human Rights and Global Justice). À titre de professeur auxiliaire invité au Département de philosophie de l’Université d’État de San Francisco, il a poursuivi son travail sur l'éthique des personnes handicapées avant d'enseigner à l'Université McGill.

M. Beaudry est diplômé du programme transsystémique en common law et en droit civil de l'Université McGill et titulaire d'une maîtrise en droit de l'École de droit de l'Université Harvard sous la supervision de M. Roberto M. Unger, spécialiste de la théorie critique du droit.

M. Beaudry est membre du Barreau du Québec. Il a été auxiliaire juridique auprès de l’honorable juge Marie Deschamps à la Cour suprême du Canada et stagiaire auprès des juges Kenneth Keith et Peter Tomka à la Cour internationale de Justice, à La Haye. De plus, il a été récipiendaire d'une bourse octroyée par le Harvard Human Rights Program, soit le Henigson Human Rights Fellowship, au Centre pour la justice et le droit international (CEJIL) à Buenos Aires. Ce dernier est l’ONG auquel incombe le plus grand nombre de représentations légales de victimes dans le cadre du système interaméricain de protection des droits de l'homme. À titre d'étudiant en droit, il a œuvré auparavant à la Commission canadienne des droits de la personne et a travaillé comme stagiaire à la Cour interaméricaine des droits de l’homme au Costa Rica.

À titre de boursier de la Fondation Trudeau, il a terminé sa thèse de doctorat à la Faculté de droit de l'Université d’Oxford sur le statut moral des personnes ayant de graves troubles cognitifs. Dans le cadre de sa thèse, il a étudié les justifications des droits des personnes ayant une déficience intellectuelle  sévère.

La recherche doctorale et postdoctorale de M. Beaudry s'inscrit dans son intérêt fondamental à détecter et à expliquer comment les structures juridiques peuvent contribuer à exclure directement ou indirectement certains groupes de personnes (les femmes, les Autochtones, les pauvres, les personnes ayant des déficiences, incapacités ou handicaps), tel que cela est illustré dans les articles qu'il a publiés. Son ouvrage sur la liberté d'expression en Amérique latine a été publié aux Presses de l’Université Laval. Il a également publié divers articles dans les domaines de la théorie critique du droit, des droits de la personne et de la discrimination, de l'éthique et de l'étude de la condition des personnes handicapées. Sa recherche actuelle est axée sur les obstacles auxquels font face les personnes aux prises avec des déficiences intellectuelles qui témoignent devant un tribunal.

Expérience à titre de boursier Trudeau

La Fondation Trudeau m’a permis de poursuivre mes études doctorales à la Faculté de droit de l’Université d’Oxford, qui est particulièrement compétente dans le domaine de la philosophie du droit, ce qui m’a permis d’analyser rigoureusement des questions théoriques sur les fondements des droits des personnes handicapées.

Le montant généreux de la bourse Trudeau et de l’indemnité annuelle de frais de voyages y afférente transforme significativement l’expérience académique doctorale qu’elle initie. La bourse Trudeau m’a en effet en outre permis de bénéficier d’une formation en bioéthique à NYU et de participer à de nombreuses conférences, y compris les “Amnesty Lectures” données à Oxford. J’ai aussi visité des chercheurs mondialement connus, oeuvrant dans le domaine des handicaps, dont Anita Silvers, professeur et présidente du département de philosophie, à la San Francisco State University, et Eva Feder Kittay, professeur de philosophie à la Stony Brook University (New York). J’ai de même effectué un séjour de bénévolat à l’Arche, une communauté s’occupant de personnes mentalement handicapées, à Trosly (France), ce qui m’a donné l’opportunité de vivre avec des personnes mentalement handicapées, greffant ainsi une dimension concrète à ma recherche théorique. J’ai, à cette occasion, eu l’insigne privilège de discuter avec son fondateur, Jean Vanier. J’ai enfin pu travailler auprès de Carolyn Ells, professeur agrégée à l’Unité d’éthique biomédicale de McGill et ainsi tisser des liens plus approfondis avec le milieu académique où je souhaite oeuvrer.

Les événements Trudeau ont également facilité ce réseautage, en ce qu’ils m’ont permis de faire la connaissance d’universitaires et de professionnels exceptionnels, dont certains sont devenus mes amis.