Jennifer Langlais

Boursiers
2007
Mentor(s): 
Programme d'étude:
S.J.D. (droit) et attachée de recherche junior Boulton
Affiliation actuelle:
Université Harvard et Université McGill
Région:

Jennifer s’intéresse à la diversité culturelle et à l’égalité

Diversité culturelle et égalité intra-groupe : est-ce possible de conjuguer les deux ?

Au cours des dernières décennies, plusieurs sociétés libérales ont adopté un idéal de multiculturalisme qui se traduit en pratique par une myriade d'engagements politiques et juridiques favorisant l'identité des groupes minoritaires. Dans les efforts que les sociétés libérales déploient pour tenir dûment compte des groupes minoritaires, elles ont toutefois négligé une réalité importante : les groupes minoritaires, tout comme les groupes majoritaires, sont rarement, sinon jamais, homogènes. Par conséquent, les politiques bien intentionnées d'accommodement visant à contrer le pouvoir érosif de la société sur les cultures minoritaires ont fait en sorte qu'un grand nombre de personnes, y compris les femmes, les enfants, les non-conformistes et les dissidents, sont susceptibles d'être victimes de graves injustices perpétrées au nom de la conservation de la culture.

Ce projet examine d'un œil critique la capacité de trois approches de concilier les demandes légitimes des groupes minoritaires avec les préoccupations en matière d'égalité résultant de la présence de minorités internes marginalisées.

Jennifer est titulaire d'un baccalauréat en droit de l'Université Laval, d'une maîtrise en droit international public de l'Université Oxford et d'une maîtrise en droits de la personne de l'Université Harvard. Après un stage pour l'honorable juge Lebel de la Cour suprême du Canada, elle a travaillé pour de nombreuses organisations internationales dont le Haut-Commissariat aux droits de l'homme à Genève, le South Asia Human Rights Documentation Centre à New Delhi, la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples à Banjul et le Centre for Policy Alternatives à Colombo. Inspirantes mais surtout révélatrices, ces expériences de travail à l'étranger ont profondément altéré sa vision du discours et de la pratique internationales en faveur des droits humains, et ont dans une large mesure motivé son retour aux études.

Aujourd'hui, Jennifer poursuit son doctorat en droit à l'Université Harvard au Massachusetts. Elle s'intéresse au processus de racisation, aux études postcoloniales et à l'aménagement de la diversité culturelle dans les pays dits d'immigration. Ses recherches portent sur le nationalisme canadien et la construction d'une identité multiculturelle pour le Canada. Tout en restant active au sein du réseau des organisations non gouvernementales, elle souhaite se consacrer à la recherche et à l'enseignement.

Expérience à titre de boursière Trudeau

La bourse Trudeau a été un véritable cadeau. Grâce à elle, j'ai bénéficié de conditions de recherche idéales pendant les quatre dernières années. D'une part, l'allocation généreuse de la Fondation m'a permis de m'investir complètement dans mes recherches et de jouir d'une liberté d'exploration totale durant ma formation théorique. D'autre part, grâce à l'indemnité de voyage accompagnant la bourse Trudeau, j'ai eu la chance de participer à de nombreux événements, ateliers et conférences durant lesquels j'ai pu présenter mes recherches et établir des liens avec des chercheurs d'ici et d'ailleurs. Sans hésitation, mon parcours doctoral aurait été bien différent sans le soutien de la Fondation.

Ceci dit, la bourse Trudeau a été beaucoup plus qu'un support financier. Durant les quatre dernières années, j'ai eu le privilège de côtoyer les membres d'une communauté remarquable par son dynamisme, son ouverture et sa vision d'une société plus juste. Cette communauté de boursiers et de décideurs de tous les horizons intellectuels et politiques m'a amenée à repenser le rôle de la recherche universitaire au Canada et la relation entre le monde universitaire et le monde politique en général. Je quitte aujourd'hui la Fondation Trudeau avec une perspective élargie de mon rôle de future chercheuse et une motivation renouvelée de m'engager socialement.