Jean-Michel Landry

Boursiers
2009
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Boursier postdoctoral Banting, Département d'anthropologie, Université McGill
Affiliation actuelle:
Université McGill
Région:

Jean-Michel souhaite mieux comprendre le parcours social de l'idéal de laïcité au Liban, les effets d'exclusion qu'il vise à combattre, ainsi que ceux qu'il génère parfois.

Les projets de laïcisation au Liban: pratiques de mobilisation, effets d'exclusion

Au Liban, l'idéal de laïcité n'a rien de neuf. L'aspect pluriconfessionnel de la région-du pays, à compter de 1920-a fait du Liban une terre relativement accueillante aux idéaux politiques modernes, dont la liberté de conscience, la tolérance et la laïcité. Ainsi, dès le milieu du 19e siècle, la laïcité s'est imposée comme un impératif politique et social à la diversité religieuse du pays, de même qu'une garantie de stabilité et de paix. Nonobstant, la laïcisation du Liban est, selon de nombreux militants libanais, un projet avorté. Un projet qui néanmoins fut récemment remis à l'ordre à l'occasion des manifestations de masse en faveur de la laïcité qui se sont tenues en février 2011.  L'étude proposée par Jean-Michel Landry vise à mieux comprendre le parcours social de l'idéal de laïcité au Liban, les effets d'exclusion qu'il vise à combattre, ainsi que ceux qu'il génère parfois. Fer de lance du projet de laïcisation aujourd'hui, les mouvements sociaux anticonfessionnels serviront de point de départ à la recherche de Jean-Michel.

Jean-Michel Landry est titulaire d'un doctorat en anthropologie de l’Université de Californie à Berkeley. Avant d’entreprendre l’enquête de terrain qui l’a mené au Liban (2011-2013), il a mené des recherches en Syrie (2010), en Russie (2005-2007) ainsi que dans les archives du philosophe français Michel Foucault (2006). Ses résultats de recherches, de même que ses réflexions théoriques, ont été publiés dans des périodiques scientifiques tels que Telos, Raisons Politiques, Anthropological Theory, Anthropologie et Sociétés et Aspects sociologiques. Jean-Michel est aujourd’hui doctorant associé à l’Institut Français du Proche-Orient et chercheur affilié à l’Orient Institute de Beyrouth. Il parle français, anglais et arabe. Il a complété une maîtrise en anthropologie (Université Laval, 2008) et intervient régulièrement dans Le Devoir et La Presse, ainsi qu’à la première chaîne de Radio-Canada.

Expérience à titre de boursier Trudeau

L’obtention de la bourse Trudeau m’a fait faire un pas de géant. Sur le plan de la recherche, et notamment grâce à l’indemnité de voyage annuelle, la portée de mon enquête ethnographique s’est accrue et l’étendue de mon réseau académique s’est élargie. Sans le financement que m’a offert la Fondation Trudeau, ma recherche doctorale ne serait pas la même — ni dans sa forme ni dans son contenu. Mais ce que je retiens de mon passage à la Fondation Trudeau, c’est d’abord la richesse des échanges auxquels elle donne lieu. Certes, l’occasion d’entendre débattre certains des meilleurs chercheurs au pays et quelques-uns des acteurs politiques les plus expérimentés sur des thèmes d’actualité ne se présente pas tous les jours. Mais il est beaucoup plus rare de pouvoir prendre parole parmi une si docte assemblée. Enfin il est rarissime d’avoir l’opportunité d’apprendre à être non seulement entendu, mais écouté et considéré au sein d’un groupe de personnes savantes et influentes. Mon passage à la Fondation Trudeau m’a enseigné qu’on apprend à être écouté et m’a donné quelques clés pour effectuer cet apprentissage.