Ido Katri

Boursiers
2016
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Law
Affiliation actuelle:
University of Toronto
Région:

Ido Katri (droit, Université de Toronto) propose une approche pour promouvoir l’autodétermination du genre, qui tienne compte à la fois de la diversité des défis propres aux personnes trans et qui valorise leurs expériences vécues avec le système juridique.

Projet de recherche

Remettre en question l’autodétermination du genre : une ethnographie juridique des luttes trans* juridiques

Même si la lutte pour l’inclusion trans* prend de l’envergure, la réalité demeure précaire pour bon nombre de personnes trans*. En raison de la discrimination systémique, la population trans* est pauvre et insuffisamment instruite et compte un nombre disproportionné de personnes criminalisées. Ce projet de doctorat valorise les riches connaissances encodées dans les vies marginalisées des survivants trans* et rend compte des limites du discours juridique qui n’a pas fait appel aux voix des personnes de genre variant . Ce projet, dont l’objectif vise l’établissement d’une stratégie durable de changement, réalisera une ethnographie juridique des changements trans* dans le droit en associant les voix passées sous silence des réalités trans* aux textes juridiques les concernant. En établissant des ponts entre des enjeux qui, au départ, ne semblent pas être liés – par ex., l’isolement cellulaire, les papiers d’identité et les technologies médicales – une analyse juridique critique efficace remettrait en question les normes et les standards acceptés. En cartographiant les luttes trans* juridiques, cette recherche vise à répondre à un paradoxe majeur de la défense des droits trans* : la loi peut-elle protéger le droit à l’autodétermination fondée sur le genre en tenant compte des rapports de domination intersectionnels propres au genre ?

Ido Katri est candidat au doctorat à la Faculté de droit de l’Université de Toronto. Sa thèse de doctorat, supervisée par Brenda Cossman, est un projet d’ethnographie juridique qui examine l’actuelle montée en puissance des revendications politiques et juridiques trans*. Se voulant le reflet de transgenres marginalisés qui refusent l’exclusion en regroupement, sa thèse examine le genre, la race et la nationalité dans le discours juridique.

Juriste de formation, Ido plaide la cause de la communauté trans* depuis dix ans. C’est après avoir constaté que les membres de la communauté trans* devaient relever d’important défis juridiques en plus de souffrir d’un manque d’accès aux ressources et aux débouchés qu’il a décidé d’étudier en droit à l’Université Hebrew de Jérusalem. Il n’avait pas encore terminé ses études que bon nombre de membres de la communauté faisait appel à ses services. En 2010, Ido cofonda la première association transgenre d’Israël, Transgenders for Social Justice (RA), qui lutte pour les droits des personnes transgenres par des interventions de justice sociale. En 2011, Ido cofonda le regroupement Gila Project for Trans Empowerment, qui, en mobilisant les ressources communautaires, offre une aide juridique et sociale individuelle tout en travaillant à des changements institutionnels plus vastes.

Simultanément, Ido cible d’autres injustices fondamentales ailleurs que dans la communauté trans*. Il a d’abord été stagiaire à l’Association des droits civils d’Israël et, plus tard, plaideur en droits de la personne au Gisha–Legal Center for Freedom of Movement, une ONG de Tel-Aviv dont l’objectif est d’assurer la liberté de mouvement des résidents de la bande de Gaza.

Tout au long de son expérience pratique diversifiée, Ido a poursuivi ses recherches juridiques. Sa thèse de maitrise, In-Between Categories of Law, lui a valu la médaille Marks 2015 de meilleure thèse de la Faculté de droit de l’Université de Toronto. Ido a également organisé conjointement une conférence « trans temporalité » au Bonham Centre for Sexual Diversity, réunissant militants et universitaires. Il est actuellement coéditeur d’une publication spéciale sur le même sujet. Ido a également présenté ses travaux dans des conférences locales et internationales, auprès de décideurs et de publics communautaires variés . Son travail a été cité par les tribunaux, adopté par des agences gouvernementales, enseigné dans des écoles de droit et des universités, a fait l’objet de publications passées et à venir dans des revues de droit et d’études juridiques ainsi que dans le domaine des études queer.