Geoffrey Cameron

Il étudie l’influence des communautés religieuses sur le développement des politiques publiques relatives aux réfugiés en Amérique du Nord.

Geoffrey Cameron est un auteur primé et un étudiant des politiques d’immigration, de la citoyenneté, de la religion et de la politique. Ses recherches portent sur le rôle sous-estimé des groupes religieux dans le développement des programmes de réinstallations des réfugiés au Canada et aux États Unis. M. Cameron a dirigé des initiatives nationales sur la religion, la laïcité et la vie publique à titre de chercheur principal de la communauté bahá'íe du Canada et a été conseiller du directeur de la Direction régionale de l’Afrique au ministère des Affaires étrangères du Canada.

Projet de recherche

Les groupes religieux et la politique relative aux réfugiés aux États-Unis et au Canada

Après la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis et le Canada sont devenus deux principaux pays de réinstallation des réfugiés. Dans les années 80, les deux pays ont voté des lois importantes les engageant à une admission annuelle de réfugiés. Toutefois, les États-Unis ont adopté un programme pour les réfugiés à voie unique géré par le gouvernement, tandis que le Canada a instauré un système parallèle de parrainage privé. Il est surprenant de constater que les États-Unis, avec sa tradition antiétatiste, entérine ce programme alors que le Canada à la vision étatiste opte pour un système de parrainage privé. Ma thèse a pour but d'expliquer les raisons pour lesquelles les deux pays ont adopté une législation importante sur les réfugiés vers les années 80 et pourquoi chacun a choisi un programme si différent.
J'examine l'émergence des groupes religieux (juifs, protestants, catholiques) en tant que principaux acteurs de la réinstallation des réfugiés durant la période d'après-guerre. Aux États-Unis comme au Canada, ces groupes religieux ont établi des réseaux d'action publique qui visent une admission plus importante de réfugiés ainsi qu'une implication pratique dans leur réinstallation. Mes conclusions, appuyées par des recherches poussées dans des archives, suggèrent que les interactions entre les groupes religieux et diverses institutions gouvernementales en réponse aux nombreuses crises liées aux réfugiés durant l'après-guerre ont généré des approches divergentes. Ces dernières sont devenues codifiées dans la législation historique relative aux réfugiés.

Au Canada, ce plaidoyer est axé sur le ministère de l'Immigration, lequel choisit principalement les réfugiés en fonction des besoins du marché du travail. Les ententes de parrainage privé ont été élaborées dans le cadre de programmes afin de permettre l'admission humanitaire parallèle de réfugiés qui ne répondent pas aux quotas et aux catégories du marché du travail. Aux États-Unis, le plaidoyer est centré sur le Congrès et la Maison Blanche, où les obstacles à l'admission de réfugiés sont liés aux préoccupations envers l'intégration culturelle, l'antisémitisme et l'anticommunisme. Cette implication des groupes religieux dans la mise en œuvre de programmes financés par le gouvernement a été essentielle pour favoriser l'admission à grande échelle de réfugiés durant l'après guerre. Durant la Guerre froide, les réponses ponctuelles concernant les crises liées aux réfugiés ont entraîné des dispositions pratiques dans les relations entre ces groupes religieux. Celles-ci ont été ultérieurement codifiées en lois et sont toujours en place aujourd'hui.

Geoffrey Cameron a obtenu son doctorat en juin 2018 du Département de science politique de l’Université de Toronto. Son projet de doctorat portait sur l’influence des communautés religieuses dans le développement des politiques relatives aux réfugiés et les tensions ultérieures entre les politiques internes et le régime international des réfugiés.  

Geoffrey est diplômé du baccalauréat en développement international de l’Université Trent, où il a reçu la médaille Symons. Alors qu’il était étudiant de premier cycle, il a été rédacteur en chef du journal Undercurrent: Canadian Undergraduate Journal of Development Studies et co-fondateur d’Insight, une conférence nationale annuelle d’étudiants inscrits aux études en développement international. Il a également étudié au Ghana et effectué un stage auprès de la Commission on Human Rights and Administrative Justice du Ghana. 

Ensuite boursier du Commonwealth et étudiant au St. Antony’s College de l’Université d’Oxford, Geoffrey a obtenu une maîtrise en science politique. Il a effectué des recherches sur le terrain au Ghana et au Nigéria et rédigé une étude comparative des institutions nationales des droits de la personne dans ces pays. Au cours de ses études à l’Université d’Oxford, Geoffrey était chargé de cours en science politique au St. Catherine’s College, directeur de la critique des livres du St. Antony’s International Review et associé de recherche auprès du Foreign Policy Centre. Après l’obtention de sa maîtrise, il a écrit, en collaboration avec le professeur Ian Goldin, directeur du Oxford Martin School, le livre Exceptional People: How Migration Shaped Our World and Will Define Our Future (Princeton, 2011).  Cette publication a remporté plusieurs prix et a été nommé l’un des meilleurs livres sur la politique et l’actualité en 2011 par The Economist

De retour au Canada, Geoffrey a intégré la fonction publique dans le cadre du Programme de recrutement de leaders en politiques. Il a été conseiller principal en politique au bureau du directeur général pour l’Afrique du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, où il a aidé à mener un vaste projet de développement de politiques visant à reconfigurer les relations entre le Canada et l’Afrique. En 2011, Geoffrey a accepté le poste de chercheur principal auprès de la communauté Bahá'íe du Canada, où il est devenu responsable du développement et de la mise en œuvre de stratégies permettant à la collectivité de participer officiellement aux débats publiques nationaux. Il contribue par ailleurs au Literary Review of Canada, au Globe and Mail, au Toronto Star, à l’Embassy et au Project Syndicate.