D. Memee Lavell-Harvard

Présidente, Association des femmes autochtones du Canada

La vie d'une éducatrice n'est pas facile. Ayant grandi en présence d'une grand-mère et d'une mère qui enseignaient aux Autochtones avec les pressions psychologiques et financières qu'exerce le système éducatif, Memee Lavell-Harvard n'aurait jamais pensé entrer un jour dans le même système. La maternité s'est cependant révélée pour elle un puissant facteur de motivation, et elle a décidé de se vouer à la lutte à la pauvreté dans les collectivités autochtones et d'assurer un meilleur avenir aux enfants autochtones dans la société canadienne par des réformes de l'éducation et des formes de soutien respectivement appropriées et sensibles aux réalités culturelles.

Réagissant à l'abondance d'études qui parlent d'épidémie d'échecs et de défections scolaires dans les populations autochtones du pays, elle regarde l'expérience de la poignée d'Autochtones qui ont achevé leurs études postsecondaires, soucieuse d'aider à définir de bonnes orientations pour la restructuration de l'éducation. Elle jette un regard neuf sur la question, puisque la plupart des études ont surtout porté jusqu'ici sur les déficits, les handicaps et les revers des étudiants d'origine autochtone.

Une difficulté pour une chercheuse autochtone bien en vue est de trouver le temps de concilier les exigences de la recherche et la multitude d'activités et d'initiatives auxquelles on l'invite à participer. Malgré tout, elle entend continuer à redonner ce qu'elle a reçu à la double communauté savante et autochtone et à trouver du temps pour tous ses engagements.