24 Mars 2011

« Un nationalisme ni chauvin ni fermé » par le professeur Jeremy Webber (Université Victoria) et lauréat Trudeau 2009.La conférence aura lieu au Cercle, Pavillon Alphonse-Desjardins, 4e étage, à l'université Laval et sera suivi d'une réceptio

Une grande partie de la littérature sur le nationalisme, particulièrement le nationalisme culturel, adopte un point de vue où le nationalisme est perçu comme une abomination, responsable d'une grande part des souffrances dans le monde. La plupart des arguments en faveur du nationalisme, y compris ceux du nationalisme québécois, s'appuient sur la notion du nationalisme civique, dans lequel on prétend qu'il n'a aucune teneur culturelle et touche purement et simplement à l'attachement pour une nation définie uniquement en termes institutionnels.

Dans sa conférence, Monsieur Jeremy Webber s'oppose à ces deux points de vue. Il soutient que le nationalisme ne peut se définir en simples termes civiques - ou du moins, que de telles définitions déforment le véritable fondement et la force motrice des nationalismes contemporains, notamment celui du Québec, celui des peuples autochtones en quête d'autonomie gouvernementale, celui des pays du tiers monde dans leurs luttes anticoloniales et même celui des Canadiens dans l'affermissement continu d'une identité distincte face aux États-Unis d'Amérique.

Parallèlement, M. Webber allègue qu'il existe une forme de nationalisme culturel qui ne verse pas dans les pathologies qui y sont habituellement associées, soit un nationalisme qui n'est ni chauvin ni fermé. En utilisant les traditions musicales nationales en guise d'analogie (entre autres phénomènes), M. Webber présente la nature et des raisons qui sous-tendent cette forme de nationalisme. Il démontre ainsi qu'un tel nationalisme, s'il est bien conçu, nous permettent de comprendre
les éléments essentiels des communautés tout en évitant les déformations xénophobes et opprimantes.