2013-02-05 09:00 au 2013-02-05 17:00

Centre pour l’éthique, l’Université de Toronto, Salle 200

Le droit criminel comme outil de changement social: des intentions aux conséquences

Dans les dernières décennies, les mouvements sociaux au Canada et ailleurs se sont tournés vers le droit criminel en tant que moyen de changement social.  Féministes, avocats des droits des victimes, conservateurs en matière d'ordre public, et organisations pour la protection de l’enfance ont poursuivi des réformes de droit criminel sur plusieurs fronts.  Ce qui reflète cette tendance au Canada est la hausse de l’âge légal pour consentir à une activité sexuelle, les amendements des lois sur les jeunes délinquants, la jurisprudence sur la divulgation du VIH, les réformes légales sur l’agression sexuelle et de la violence intime, les lois contre le trafic humain, l’introduction de peines minimales obligatoires concernant les lois sur les drogues, et le rôle plus étendu des victimes dans les procès de justice criminelle. Beaucoup de ces campagnes ont progressé sur le plan législatif et, dans certaines mesures, ont reçu un niveau plus élevé de maintien de l’ordre.  Leur succès s’explique en partie par le fait que les assemblées législatives sont incitées à prendre position publique en faveur des intérêts politiques de l'électeur médian.   L’expansion de la responsabilité pénale et l'allongement des peines peuvent être des moyens efficaces de plaire au sentiment populaire, surtout au sein de problèmes sociaux complexes qui ne présentent pas de solution évidente.  Pourtant, ces campagnes pénales pourraient réussir au détriment des autres possibilités de transformation sociale.  La tendance de favoriser les campagnes pénales correspond à un transfert des ressources allouées à l’aide sociale à la justice criminelle – une tendance qu’appelle les universitaires un passage du
« welfare state » au « penal state ».  

    Cet atelier prend pour point de départ notre point de vue, que quelques agents de ces mouvements sociaux partagent, une opinion formaliste du droit criminel par laquelle on présume que le droit criminel amène d’une façon plus ou moins directe à la réduction réelle ou l’abolition d’une activité contestée. Cette opinion élude les réalités d’un maintien de l’ordre insuffisant ou excessif, les disparités de la surveillance et de la punition criminelle, et les conséquences des interdictions criminelles qui sont parfois contre-productives et non voulues.  Nous visons à développer une vision plus réaliste de la loi criminelle ainsi que des processus de changement social.  Cet atelier interdisciplinaire convoquera universitaires, avocats, et législateurs pour analyser le droit criminel en marche, afin d’évaluer les coûts et les bénéfices sociaux du droit criminel en tant qu’outil de changement social.  Nous espérons que cet atelier encouragera un dialogue critique parmi le réseau de la communauté Trudeau au sujet de l’étendue d’outils juridiques et administratifs disponibles pour effectuer le changement social. 

Les mentors Trudeau 2012 Cindy Blackstock et Bernard Richard, ainsi que la boursière Trudeau 2010 Lindsey Richardson participeront à l'événement.

Les détails concernant les différents panels sont disponibles dans le programme complet de l'événement.

Admission gratuite – inscription obligatoire
Pour s'inscrire à l'atelier, veuillez contacter Lisa Kerr: coleenlisa@gmail.com

Lisa Kelly

Lisa veille à ce que les droits et les intérêts des enfants et des adolescents soient pris en compte par les lois canadiennes.

Boursiers 2010

Lisa Kerr

Elle cherche à repenser les pratiques judiciaires actuelles en mettant l'accent sur la qualité d'une peine d'emprisonnement, plutôt que sur sa durée.

Boursiers 2012

Cindy Blackstock

Auteure de plus de 50 publications, ses intérêts principaux portent sur l'étude et la gestion des causes désavantageant les enfants autochtones et leurs familles.

Mentors 2012

Bernard Richard

Avocat et ancien travailleur social, il a été député à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, a été nommé ombudsman et premier Défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick et est impliqué dans plusieurs organisations. Il est administrateur de la Société des anciens de la Fondation Pierre Elliott Trudeau.

Mentors 2012

Lindsey Richardson

Lindsey est professeure adjointe au Département de sociologie de l'Université de la Colombie-Britannique.

Boursiers 2009